Envie de sensibiliser votre public aux difficultés de lecture et au handicap visuel? La MDV met à votre disposition deux malles composées d'albums à lire de 4 manières différentes !

La MDV vous propose deux malles composées d'une dizaine de documents et de fiches pédagogiques :

Les albums benjamins média présents dans ces malles vous sont tous proposés en 4 moyens de lecture :

  • album classique
  • version grands caractères
  • version braille
  • version audio

Quelques questions à Rudy Martel, directeur, éditeur à Benjamins media

Pourquoi êtes-vous devenu éditeur ?

À cause d’une fille... Avant d’être éditeur, j’étais journaliste radio dans le Narbonnais. J’exerçais un métier qui me plaisait énormément, j’avais ma carte de presse et je gérais avec jubilation une petite rédaction. On faisait des flash-infos en direct. C’était palpitant. Mais je vivais à Béziers et ma fille, Louise, était sur le point de venir au monde. Je ne voulais pas lui donner l’impression que j’étais toujours entre deux portes.

On a quitté Narbonne et Béziers pour s’installer à Montpellier ; j’embrassais alors une nouvelle carrière : dans l’édition. J’ai d’abord été chargé de communication, puis éditeur, puis directeur. Rien ne me prédisposait à devenir éditeur – j’étais juriste de droit public de formation – mais tout me poussait à le devenir : goût de la lecture, appétence pour l’écriture, amour de la langue française… J’ai débarqué avec mes deux livres de chevet : un dictionnaire des onomatopées d’Enckell et Rézeau et le code typographique…

Le livre que vous avez édité et qui a tout changé pour vous

J’ai édité des livres stupéfiants qui n’ont pas rencontré leur public et des livres qui, sans être moins exigeants, ont eu un vrai succès populaire. Petit chat découvre le monde, Clic Clac ou Le monstre mangeur de prénoms font partie de ceux-là.

Le monstre mangeur de prénoms, toujours au catalogue, a été imprimé six fois et s’est vendu à plus de 15000 exemplaires ! Il faut dire que cette histoire, et l’histoire dans l’histoire (la rencontre entre les auteurs et benjamins media), a tout pour plaire.
C’est l’histoire d’un monstre qui n’a pas de prénom et qui, pour exister, mange le prénom des enfants de toute une classe, syllabe après syllabe. Les enfants sans prénoms, guidé par l’intrépide Jonathan, vont finir par se rebeller. À la lecture de ce synopsis, le lecteur comprend vite qu’il va bien s’amuser à écouter et à lire cet album. C’est un poil effrayant, vivant et plein de péripéties. On saisit aussi, si on est malin, que les thèmes évoqués sont puissants : perte d’identité, quête d’identité, sens de la débrouillardise, résistance.
Le monstre mangeur de prénoms est selon moi une histoire typiquement benjamins media : à la fois plaisir et porteuse de sens ; elle tire, mine de rien, les enfants vers le haut.

L’histoire dans l’histoire ? L’auteur, David Cavillon, nous avait envoyé cette pépite par la poste… Je m’en souviens, il y avait un timbre sur l’enveloppe… Et David n’avait jamais été édité auparavant… L’illustrateur, Julien Billaudeau, n’avait jamais été édité non plus. Il était encore à l’école Estienne quand on lui a demandé de croquer la vie de cet ogre. Plein de promesses, Le monstre mangeur de prénoms s’est révélé être un phare dans ma vie d’éditeur.


Le message que vous souhaitez faire passer 

Dans énormément d’albums benjamins media, il est très souvent question du rapport au corps et du rapport aux autres : bien se connaitre et mieux connaître ceux et celles qui nous entourent nous permet de nous faire une meilleure place dans le groupe. Il est donc également question de place dans nos livres : place qu’on se donne, place qu’on donne aux autres. D’altérité et de tolérance aussi. Cette articulation, moi/les autres, est un sujet crucial dans la production benjamins media.

Le papa-maman, Edgar, La vérité vraie sur Mireille Marcassin, Les drôles de voisins de Roseline Semelle, Petit rockeur, C'est la petite bête qui monte, etc., sont autant de livres qui abordent les questions d’identité, de construction, de vie en société. Et pour ça, rien de mieux qu’une histoire universelle ! J’adore l’universalité. Les points de vue parcellaires et partisans me terrifient. L’universalité, elle, permet de s’adresser au plus grand nombre. Comme le monde manque cruellement d’universalité – Voltaire et Élisabeth Badinter n’ont plus trop la côte en ce moment – mettons en davantage dans les livres pour enfants.

Ça fera d’eux des adultes plus éveillés, plus tolérants. Et puis, quelle que soit sa couleur de peau, ses origines, ses croyances, son milieu social, l’enfant est, finalement, confronté aux mêmes défis partout, dans un monde qui ne cesse d’évoluer.

 

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